Désertification

   
     
 

 

   

 

1•  Quelles sont les causes de la désertification?

2•  Conséquences et impacts socio-économiques de la désertification

3•  Les régions touchées ou menacées par la désertification ?

4•  Définitions

 

5•  La prise de conscience de la communauté internationale : La Convention sur la Lutte contre la Désertification

6•  Comment lutter contre la désertification  ?

 

 

 
       

6• Comment lutter contre la désertification  ?

Le proverbe dit «prévenir vaut mieux que guérir» et c'est aussi vrais pour la désertification.

En effet il est moins coûteux de prévenir les phénomènes de désertification que de les combattre, car dans ce cas, on doit réhabiliter*, ce qui est souvent long et coûteux.

6.1. La prévention

6.1.1. Gestion durable des espaces pastoraux

Une gestion durable des espaces pastoraux dépend des modes d'exploitation des ressources naturelles par les populations usagères.

C'est pourquoi, il faut sensibiliser les éleveurs à la nécessité d'alléger la pression sur les aires de pâturage (afin d'éviter la dégradation des sols et de préserver à long terme les ressources alimentaires du bétail) et pratiquer un élevage mobile. La littérature scientifique s'accorde à dire que ce dernier est le mieux adapté aux conditions écologiques des zones arides et semi-arides. Il demeure le plus compétitif économiquement car il permet une production maximale au moindre coût (utilisation moindre des facteurs de production), mais il implique un investissement humain considérable, se basant sur le savoir-faire des éleveurs (nomades).

La gestion durable des espaces pastoraux doit être placé dans le cadre général du développement humain durable, c'est-à-dire inscrit dans une stratégie de réduction de la pauvreté.

L'amélioration des conditions de vie et d'existence de l'éleveur constitue un enjeu de taille qu'il ne faut pas sous-estimer dans toute politique de développement en zones arides.

6.1.2. Utiliser les bonnes pratiques agricoles

Pour conserver la productivité des sols, il faut adopter des pratiques durables à long terme et ce en :

Respectant la capacité de charge des sols

Il est important de respecter la capacité de charge du sol qui est la production maximale de ressources que l'on peut obtenir d'une terre. Lorsque l'on dépasse les capacités de charge, la productivité diminue (rendements agricoles plus faibles et moins de nourriture pour le bétail). Il faut alors changer de production ou ne pas cultiver pendant une certaine période de temps (période de jachère*).

Diversifier les productions

Diversifier les productions végétales et animales permet de mieux utiliser les ressources des terres. Un sol peut supporter pendant de très longues périodes différents types de plantes et d'animaux car leurs besoins nutritifs sont différents et les ressources qu'ils utilisent dans la terre sont complémentaires. Il faut donc éviter la monoculture prolongée sur la même terre, et établir un système de rotation des cultures, de sorte que la fertilité des sols puisse être restaurée.

6.1.3. Utiliser les bonnes techniques d'irrigation

Le besoin d'économiser les ressources hydriques passe par des systèmes d'irrigation qui assurent une bonne distribution de l'eau et par des canalisations aux joints étanches.

Un système approprié de drainage évite l'accumulation néfaste des sels à la surface et dans la couche supérieure du sol (les sels appauvrissent et abîment les cultures).

Certains agriculteurs des Caraïbes creusent des canaux de drainage sur le pourtour des cultures permettant ainsi de contrôler et de récupérer les eaux de ruissellement.

Divers systèmes de canaux basés sur la gravité sont utilisés notamment au Bénin pour diriger l'eau de ruissellement dans les réservoirs et éviter ainsi le lessivage de la couche fertile du sol.

Ce système permet d'optimiser l'utilisation de l'eau en minimisant les pertes par évaporation. Plusieurs pays utilisent cette pratique dont l'Algérie, le Liban, la Tunisie, et l'Afrique du Sud particulièrement chez les producteurs de fruits.

6.1.4. Economiser l'énergie et remplacer le bois par des énergies renouvelables

Les sociétés humaines ont besoin d'énergie pour fonctionner et se développer. Aujourd'hui, et particulièrement dan les zones arides, le bois est la ressource principale employée, ce qui constitue un facteur important de la désertification.

Des énergies de substitution existent pourtant. Il est donc nécessaire de les faire connaître. Ces énergies peu polluantes et inépuisables ou renouvelables peuvent remplacer le bois à un coût limité ou même nul (la source d'énergie est gratuite). Elles peuvent être facilement utilisées dans les villages et dans les familles.

L'énergie solaire

Le fort ensoleillement, caractéristique des zones arides et semi-arides, peut contribuer à satisfaire les besoins en énergie dans ces zones.

L'énergie éolienne (le vent)

La force du vent permet de faire tourner des roues à hélices qui produisent de l'électricité.

Le biogaz

Le biogaz est un mélange gazeux qui provient de la décomposition de matière organique (fumiers, déchets végétaux).

 

6.1.5. Associer les anciennes et les nouvelles pratiques : Réhabiliter les savoirs traditionnels

De plus en plus, les projets de développement associent les nouvelles technologies aux pratiques traditionnelles; le savoir-faire des communautés venant souvent renforcer les efforts de lutte contre la désertification.

L'adoption de techniques traditionnelles pour combattre la désertification a le double avantage du faible coût (en général on utilise des moyens simples, à la portée des pays en développement) et de la compatibilité durable avec l'environnement, ces techniques reposant en général sur une observation attentive de la nature transmise de génération à génération.

Exemple

Les techniques d'irrigation traditionnelles peuvent être reprises dans des projets d'aménagement modernes comme l'utilisation des « foggaras », système traditionnel ingénieux, efficace et durable de galeries souterraines qui drainent l'eau par la force de la gravité (L'eau est captée en profondeur et acheminée par des canalisations sans endommager l'écosystème).

6.2. Les mesures correctives

6.2.1. La fertilisation des terres

Pour lutter contre la désertification, il est important de fertiliser les sols et de les restaurer. Un sol est dégradé lorsqu'il a perdu ses éléments nutritifs ou une partie de ses constituants ce qui entraîne une forte baisse de la productivité.

Pour pousser, les plantes utilisent des éléments nutritifs contenus dans le sol comme l'azote, le phosphore, le calcium, le magnésium, etc.

Lorsque ces éléments s'épuisent à cause d'une agriculture intensive, il faut reconstituer la fertilité du sol en utilisant de l'engrais de synthèse ou en préparant du compost*.

Il est aussi conseillé d'utiliser le bétail pour enrichir le sol : en consommant les restes de culture les animaux restituent, sous forme de fumure (excréments), des éléments nutritifs au sol qui s'enrichit en matières azotées. La fumure permet de reconstituer la capacité du sol à produire une récolte abondante.

La reconstitution du sol est un moyen très efficace et surtout durable pour maintenir la fertilité d'un sol.

6.2.2. Le reboisement

Le reboisement est un des moyens les plus efficaces pour lutter contre la désertification, car l'arbre joue plusieurs rôles :

• Il fixe les éléments du sol et empêche leur transport par l'eau et le vent.

• Il constitue un obstacle au vent (brise vent) pour protéger les cultures.

• Il augmente la fertilité du sol : beaucoup d'arbres produisent de l'azote grâce aux bactéries présentes dans leurs racines, ce qui fertilise et augmente la productivité des sols.

• Il facilite la pénétration de l'eau dans le sol et contribue à garder la terre humide plus longtemps.

6.2.3. Lutter contre le vent

Pour lutter contre le vent qui provoque le déplacement des sables et poussières, il existe des moyens mécaniques simples :

Brise vent et haies

Rangées d'arbres ou d'arbustes servant à atténuer l'effet des vents violents et plantés face aux vents dominants. Inertes ou vivants, ils permettent de limiter la vitesse du vent et de diminuer l'évapotranspiration. Les plus répandus sont les brises vent de plantation en ligne.

La fixation des dunes

Les dunes de sables bougent lorsqu'elles sont dépourvues de végétation. Le principe de la fixation des dunes est d'empêcher le sable de se déplacer pendant un temps assez long pour permettre à la végétation naturelle ou plantée de se développer. On applique pour cela une technique de stabilisation des sables. Cette technique consiste à freiner le mouvement de sables on érigeant des palissades (en branches, nattes, planches enfoncées dans la dune, etc.). Les obstacles sont parallèles entre eux et perpendiculaire à la direction des vents dominants. Si les vents ont diverses directions, il faut faire alors des palissades croisées. Pour aider à la fixation, on peut déposer un léger réseau de branchages ou de tout autre débris déposé simplement sur le sable.

 

 

 

 

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