Les Steppes

En Algérie, le terme de steppe est adopté pour qualifier, du point de vue physionomique, la végétation des milieux arides et sahariens.

Cette appellation globale est souvent complétée par le nom de l'espèce dominante, tantôt graminéenne (steppe à Stipa tenacissima, steppe à Lygeum spartum), tantôt chaméphytique (steppe à Artemisia herba-alba), parfois également par une référence aux conditions climatiques et édaphiques locales (steppe aride ou saharienne, steppe psammophile ou halophile).

La végétation steppique est caractérisée par un ensemble de communautés qui doivent leur physionomie, à caractère herbacé et/ou plus ou moins arbustif, à l'abondance soit de graminées cespiteuse (alfa, sparte), soit des chamaephytes (armoises, remth) croissant en touffes espacées, mais aussi à la fréquence et au mode de distribution, le plus souvent irréguliers, des espèces annuelles.

La steppe algérienne est représentée par 4 principales catégories à déterminisme climatique et édaphique: steppe à alfa, steppe à armoise blanche, steppe à sparte, steppe à remth.


Steppe à alfa Stipa tenacissima


Cette steppe est fréquente au sein du bioclimat aride avec des précipitations comprises entre 200 et 400 mm par an en moyenne. Sur le plan édaphique, les steppes à alfa sont souvent cantonnées aux substrats squelettiques : collines et glacis à croûte calcaire. Toutefois l’alfa, ne se rencontre jamais sur les sols hydromorphes et/ou franchement salés.

Au printemps la richesse floristique est remarquable :

Brachypodium distachyum, Cutandia divaricata, Dactylis glomerata, Stipa barbata, Stipa lagascae, Stipa parviflora, Medicago minima, Argyrolobium uniflorum, Astragalus mareoticus, Astragalus sinaicus, Medicago laciniata, Medicago truncatula, Vicia monantha.


 Aspect estival de la steppe à alfa (Aïn Ben Khelil, Naâma)


Steppe à armoise blanche Artemisia herba-alba


Dominée sur le plan physionomique par l’armoise blanche ou chih (Artemisia herba-alba), cette steppe présente de nettes variations saisonnières s’exprimant par le changement dans sa composition floristique. Celle-ci présente une phénologie distincte: en période sèche diverses espèces vivaces constituent un maigre pâturage à base de végétaux ligneux comme : Artemisia herba-alba, Astragalus mareoticus, Erodium glaucophylum, Marrubium supinum, Noaea mucronata.

La steppe à Artemisia herba-alba est particulièrement, liée aux cuvettes et dépressions limono-argileuses, de ce fait, en période humide, de nombreuses plantes apparaissent faisant d'elle le pâturage le plus riche des zones arides.

Cet habitat subit actuellement de fortes pressions liées aux labours illicites occasionnant une réduction des espèces pérennes.


 Parcours à armoise blanche mis en culture (Mergueb, M’sila)

Steppe a sparte Lygeum spartum


Les steppes à sparte occupent parfois un stade dynamique intermédiaire entre les steppes à alfa et les steppes chaméphytique à armoise blanche.

Cette formation est dominée par le sparte (sennagh) qui, de par son fort coefficient d’abondance-dominance, détermine la physionomie du paysage.

Déterminée par des facteurs édaphiques, la steppe à sparte occupe divers habitats sur terrasses ou glacis (dépressions alluviales, zones d’épandages ou maadhers). Ne craignant pas les sols salés, gypseux ou hydromorphes, le sparte peut, également, coloniser les bordures de chotts et sebkhas

Ces biotopes se caractérisent par la présence d’un horizon de surface gypso-calcaire avec un sol relativement profond, de plus de 50 cm, à texture limono-argileuse favorable au développement de nombreuses plantes herbacées :

Asteriscus pygmeus, Atractylis prolifera, Euphorbia falcata, Evax pygmaea, Hippocrepis multisiliquosa, Koelpinia linearis, Launaea nudicaulis, Malva aegyptiaca, Medicago minima, Micropus bombicinus, Plantago psyllium, Schismus barbatus subsp calycinus, Stipa retorta, Trigonella polycerata.


 Aspect estival de la steppe à alfa (Aïn Ben Khelil, Naâma)


Steppe à remth Arthrophytum scoparium


La steppe à remth occupe les habitats caractérisés par des croûtes calcaires et les glacis d'érosion plats, pierreux encroûtés en surface. Limitée aux zones comprises entre 100 et 50 mm de précipitations annuelles, en Algérie elle recouvre de vastes superficies.

Le terme de « pseudo-steppe » est également utilisé pour qualifier cette végétation de la bordure saharienne.

Les principales espèces caractéristiques sont représentées par des vivaces (Anvillea radiata, Argyrolobium uniflorum, Arthrophytum scoparium, Echium trygorrhizum, Helianthemum kahiricum) auxquelles s'ajoutent, pendant la période humide, diverses espèces annuelles souvent qualifiées d’éphémérophytes (plantes qui germent, fleurissent et fructifient en moins d’une quinzaine de jours): Asphodelus tenuifolius, Asteriscus pygmeus, Atractylis cancellata, Convolvulus supinus, Filago exigua, Limonium sinuatum, Limonium thouin.

La steppe à remth, du fait de sa richesse en plantes herbacées annuelles  se développant durant la période humide, constitue un bon parcours de printemps qui persiste pendant plusieurs mois dans l’année.

Elle est également soumise à des pressions anthropiques, notamment dans les périmètres proches des campements et des agglomérations où elle se présente dans un état de dégradation avancé.


 Steppe à remth

 

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