Les grands oueds sahariens

Dans le Sahara, les oueds, cours d’eau à écoulement intermittent, sont le seul milieu où les arbres arrivent à constituer des formations relativement denses. Leurs lits majeurs, dont les rives peuvent être très peu marquées, sont généralement très étendus et élargis au bout de leur parcours, et constituent des habitats particulièrement favorables à l’installation et au développement d’une végétation arborescente et arbustive décrite sous le nom de « forêt galerie » ou de « savane désertique ».

Les grands oueds sablo-limoneux

Cet habitat est déterminé par deux principales conditions écologiques : d’une part, une alimentation en eau relativement régulière et d’autre part, par la présence d’un substrat du lit de l’oued, constitué par des alluvions sablo-argilo-limoneuses.

Ces deux conditions permettent l’installation et le développement d’une végétation arborescente et arbustive. L’arbre qui caractérise, au mieux, cet habitat est sans conteste le tlaya ou Tamarix articulata , arbre de la famille des Tamaricaceae caractérisée par des feuilles très réduites en forme d’écaille. Il est bien représenté dans la région du Sahara Nord-occidental (Béchar), plus précisèment, le long de la vallée de l’Oued Guir, de la vallée de la Zousfana et même le long de l’Oued Saoura, constitué, d’ailleurs, par la jonction des deux premiers oueds. La palmeraie de Taghit occupe une grande partie du lit de l’Oued Zousfana . Du fait de ses caractéristiques édaphiques, ce biotope constitue de vastes zones d’épandage qui correspondent au lit majeur des oueds. De ce fait, il abrite une flore remarquable par sa diversité, notamment sur le plan systématique et biogéographique : des espèces tropicales (Calotropis procera, Pergularia tomentosa), des espèces sahariennes (Colocynthis vulgaris) y sont largement représentées.



Vallée de la Zousfana

Les grands oueds rocailleux

Abritant une végétation arborescente à base d’Acacia raddiana qualifiée de «forêt-galerie» ou de « savane désertique à Acacia », cet habitat correspond aux lits d’oueds rocailleux et rocheux et se localise le long des grandes vallées et les nombreux talwegs bien alimentés en eau de ruissellement. La vallée de l’Oued Fares (Monts de Tabelbala, Béchar) en représente un exemple remarquable (photo ci-contre).

Dans la région de Taghit, cet habitat est particulièrement bien représenté dans les vallées issues des Monts Aghlal, dans les lits des grands oueds « El Kherrouaa» et « Menouaaraar », (photos ci-dessous).

Les lits rocailleux présentent une diversité biologique remarquable. Déterminée par un ensemble de facteurs écologiques qui se superposent (humidité, roche-mère affleurante, poches de sols limono-argileux, terrasses sablo-limoneuses) et qui assurent aux végétaux une distribution périodique d’un taux régulier d’humidité, la richesse floristique y est exceptionnelle.

Les principales plantes indicatrices de l’habitat sont représentées par :

- des végétaux vivaces ou herbacés rares et/ou endémiques qui se développent pendant la saison humide :

Androcymbium gramineum, Battandiera amenae, Carduncellus duvauxii, Centaurea pungens, Crotalaria saharae, Ferula vesceritensis, Gymnarhena micrantha, Pannicum turgidum, Pennisetum dichotomum, Pituranthos battandieri, Pulicaria crispa, Reseda villosa, Rhetinolepsis lonadioides, Savigna longistyla, Spitzelia coronopifolia..

- des végétaux ligneux qui trouvent un ultime refuge au sein de cet habitat :

Acacia raddiana, Gymnosporia senegalensis, Asparagus altissimus, Coronilla pomeliana, Ononis angustissima, Rhamnus lycioides, Rhus tripartitum, Vitex agnus-castus, Coronilla pomeliana, (gattilier ou « kherouaa ») originaire d’Asie occidentale cette espèce trouve un ultime refuge dans les oueds Menouaaraar et Kherrouaa en plein cœur du Sahara.


Lit mineur de la haute vallée de Oued Menouaaraar (Taghit)

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