Les tassilis

Vastes systèmes montagneux sahariens, profondément érodés par ravinement et limités par des escarpements abrupts, les tassilis représentent de vastes plateaux rocheux, parsemés de larges blocs gréseux et troués de gorges profondes. De ces plateaux émergent, souvent des dômes et des pics dont certains culminent à près de 3.000 mètres d’altitude. Du fait d’une histoire géologique mouvementée, d’une érosion fluviale intense dans un passé lointain et d’une érosion éolienne ancienne et actuelle, les tassilis possèdent des habitats très diversifiés abritant des aires protégées parmi les plus vastes au monde (parc national du Tassili N’Ajjers et parc national du Tassili N’Ahggar) dont les principaux atouts sont d’ordre géologique, archéologique, historique, culturel et touristique.

Écosystèmes très fragiles, les tassilis recèlent une biodiversité rare et unique à l’échelle mondiale : ils associent un patrimoine biologique et minéral exceptionnel (paysages, fossiles, faune, flore relicte) à un célèbre patrimoine culturel (peintures et gravures rupestres). Cette richesse a valu aux deux tassilis d’être inscrits parmi les biens du patrimoine mondial (1982) et d'être classés réserves de la Biosphère (1986). En effet, ces deux aires protégées recèlent la plus grande concentration d'art rupestre préhistorique au monde, dont les œuvres peintes ou gravées remontent pour les plus anciennes à près de 9.000 ans, et pour les récentes à environ quelques siècles seulement. Les plus belles scènes gravées représentent des scènes de chasse, de danse et de prière alors que les plus belles œuvres représentent toute la grande faune des mammifères de l’aire tropicale (éléphants, hippopotames, girafes, rhinocéros et bovidés).

Sur le plan écologique, la région est entièrement incluse dans la zone climatique saharienne, caractérisée par de très grands écarts de température, une pluviosité très faible et irrégulière, une grande évaporation et une extrême sécheresse de l’air. Les Tassilis relèvent d’un climat de type sahélien, dominé par deux régimes climatiques : le régime saharo- méditerranéen et le régime tropical qui se manifeste par des orages en été. Du fait de la conjonction de facteurs mésologiques, notamment édaphiques (substrat rocheux) et climatique (orages fréquents sur de courtes périodes) les possibilités d’infiltration des eaux de pluies sont réduites alors que le ruissellement des eaux de surface favorise les zones d’épandage et la concentration d’un volume d’eau, au sein des oueds, sans aucune commune mesure avec le taux de pluviométrie annuelle. Cependant, avec une altitude échelonnée entre 1400 à près de 3000 mètres, les tassilis constituent une enclave disposant de conditions remarquables d’humidité.

Au plan de la biodiversité, le propre de ces habitats est d’être le siège d’un patrimoine floristique original et varié du plus haut intérêt scientifique: plus de 300 espèces végétales spontanées d’origine phytogéographique diverse (tropicale, méditerranéenne, cosmopolite, etc.) y ont été recensées.

Par ailleurs, les tassilis présentent un taux d’endémisme proche de 50 % pour la flore ligneuse. Parmi les taxons endémiques, de souche méditerranéenne, les plus remarquables figurent le cyprès (Cupressus dupreziana), l’Olivier de Laperrine (Olea laperrinei), le myrte du Sahara central (Myrtus nivellei), la lavande antinea (Lavandula antinea), l’Ephedra (Ephedra altissima), la marrube du désert (Marrubium desertii), ….

D’autres espèces de souches variables, tropicale, sahelo-soudanienne ou saharo-arabique, trouvent dans ces ensembles les conditions favorables pour se développer, on retrouve :

Acacia albida, Acacia arabica, Acacia ehrenbergiana, Balanites aegyptiaca, Calotropis procera, Maytenus senegalensis, Leptadenia pyrothecnica, Maerua crassifolia, Artemisia sahariensis, Chrozophora brocchiana,…


 Vue de l'Atakor

Sur le plan physionomique, deux formes caractéristiques principales de communautés végétales peuvent être retenues : une forme extensive qui correspond à de très grandes étendues d’une végétation soumise aux aléas de la pluviométrie et des crues éventuelles, et une formes ponctuelle qui correspond à la présence permanente de l’eau en des lieux présentant des conditions déterminées.

Ainsi, si la végétation est rare et souvent absente des vastes superficies (sauf dans les lits d'oued, au fond des gorges encaissées, où elle est plus dense), les Tassilis possèdent une très grande richesse floristique couvrant les strates herbacées, arbustives et arborescentes dont le fameux « tarout » (cyprès du Tassili) ainsi que le non moins fameux olivier du Hoggar. Ces deux espèces constituent de véritables relictes méditerranéennes que l’histoire géologique et la phytogéographie ont engendré.


 Cypré du Tassili

Le phénomène d’avancée et de retrait saisonnier des pâturages en fonction des pluies, les transports de pollens et de graines par les animaux ou par voie éolienne, font de ces habitats un moyen de subsistance de toute première importance pour les troupeaux des nomades, et surtout, pour l’ensemble de la faune qui constitue la pyramide écologique : les consommateurs de divers niveaux trophiques (gazelles, mouflons, guépards, chacals, fennecs etc.).


Peintures rupestres

 

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